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PostHeaderIcon Solaire : la guerre est déclarée entre l’UE et la Chine

C’est fait. L’Europe a décidé ce mardi 4 juin d’imposer des taxes douanières punitives sur les importations de panneaux solaires en provenance de Chine. L’UE semble déterminée à lutter contre ces exportations asiatiques qui créent une concurrence déloyale, et ce malgré les menaces de représailles du gouvernement chinois et du désaccord de l’Allemagne.

Par un communiqué, la Commission européenne a annoncé avoir pris la décision d’imposer des droits de douane punitifs sur les importations de panneaux solaires et autres cellules photovoltaïques en provenance de Chine.

Droits de douane progressifs

Faisant fi des menaces du gouvernement chinois et de l’avis contraire exprimé par Berlin, la Commission européenne vient de s’engager dans ce qui pourrait s’apparenter à une véritable guerre commerciale avec la Chine, accusée de dumping et de subventions illégales dans le secteur du solaire photovoltaïque. Alors qu’on parlait, depuis plusieurs semaines, d’une taxation à 47%, Bruxelles indique qu’il y aura une première phase de 11.8% jusqu’au 6 août prochain. Puis, le niveau remontera à 47.6%, si les négociations échouent.

La Commission a réitéré sa volonté de poursuivre les discussions avec les exportateurs chinois ainsi qu’avec la Chambre de commerce chinoise afin de trouver une solution en ligne avec l’article 8 [qui concerne les bases des règles anti-dumping]. Dans ce cas, les taxes douanières seraient suspendues. Affaire à suivre…

Source : BATIACTU

PostHeaderIcon Total concrétise ses ambitions dans le solaire avec SunPower

Nous voulons devenir un acteur global dans les énergies renouvelables.» C’est ainsi que Philippe Boisseau, patron des énergies renouvelables de Total, justifie l’offre amicale du californien SunPower, l’un des acteurs les mieux établis de l’industrie solaire américaine. Celle-ci porte sur 1,4 milliard de dollars pour 60 % du capital, soit une offre supérieure de 40 % par rapport au cours de la veille.  

Fondé dès la fin des années 1980 par un professeur de Stanford, Richard Swanson, qui avait mis au point un procédé pour améliorer le rendement des cellules solaires, SunPower a connu son premier décollage grâce à un contrat de la Nasaet, surtout, la prise de contrôle, en 2004, du fondateur de Cypress Semiconductors, T. J. Rogers. Légende de la Silicon Valley, ce pionnier des semi-conducteurs a aussi été l’un des premiers à croire en une reconversion de la région dans les énergies renouvelables.

Dès sa première cotation en Bourse, en 2005, la start-up a connu une croissance vertigineuse, atteignant 2,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, l’année dernière, pour 2,9 milliards prévus cette année. Elle est aujourd’hui la deuxième entreprise solaire américaine après First Solar.

SunPower doit essentiellement sa réussite au fait d’être parvenu à pour suivre l’innovation pour offrir un excellent rendement énergétique à ses modules, tout en se positionnant comme une entreprise solaire totalement intégrée, capable de fabriquer et de vendre des panneaux solaires dans le monde entier, pour les particuliers aussi bien que pour les fermes solaires de grande capacité. Cette intégration réussie est d’autant plus méritoire que Sun-Power, comme ses concurrents américains, assure se battre à armes inégales face à des rivaux chinois, largement subventionnés par leur gouvernement ou les régions dont ils sont originaires, et qui inondent le marché mondial de panneaux à prix cassés.

Total assure avoir mûri cette acquisition, à l’issue d’une période d’évaluation des différents acteurs technologiques du marché américain. Par rapport à d’autres firmes solaires de la Silicon Valley proposant des solutions plus en rupture technologique mais sans grande capacité de production, Total a choisi le partenaire le plus sûr, tant d’un point de vue technologique et commercial. Un choix également facilité par le fait que SunPower a perdu les trois quarts de sa valeur boursière depuis 2007. La faute à la crise économique mais aussi aux incertitudes qui entourent désormais la filière solaire américaine (coûts de revient élevés, incertitudes technologiques, etc.)

A l’inverse, l’offre de Total représente une réelle opportunité pour SunPower. « Nous avions besoin d’un partenaire industriel capable de financer la poursuite de notre croissance », admet Tom Werner, PDG de SunPower. Grâce aux moyens financiers, industriels et scientifiques que Total va mettre à sa disposition, SunPower espère quadrupler sa capacité de production d’ici à trois ans, pour atteindre 2.000 méga watt heures.

Pour autant, est-ce une bonne affaire pour Total ? A l’évidence, cette acquisition positionne d’emblée Total comme l’un des possibles futurs grands acteurs du marché mondial de l’énergie solaire. Toutefois, le pétrolier ne se prépare pas à changer fondamentalement de nature. « Le solaire n’est pas une énergie de substitution au pétrole », explique Philippe Boisseau. «Nous considérons tout simplement que la limite maximale de la production mondiale ne dépassera jamais 95 millions de barils par jour et, dans quelques années, cette quantité ne sera plus suffisante pour couvrir les besoins de tout le monde. » D’où la nécessité pour le groupe pétrolier de se diversifier. « Cette opération a beaucoup de sens pour Total, alors que le nucléaire est remis en question e t que le coût du pétrole et du gaz augmente»,  explique John Hardy, analyste de Gleacher & Co., à New York. 

Biocarburants et biomasse

En matière de renouvelables, Total ne mise pas que sur le solaire. Le français possède déjà 22% du capital d’Amyris, une autre vedette de la Silicon Valley, spécialisé dans les nouvelles générations de biocarburant, qui vient justement d’annoncer l’ouverture de sa première unité de production industrielle. Total a d’autres ambitions dans la biomasse, qui pourraient se concrétiser par une croissance organique plutôt que par des acquisitions, selon Philippe Boisseau. Si la diversification des sources s’impose pour les principaux groupes pétroliers de la planète reste à prouver que, malgré l’augmentation inévitable du coût des énergies fossiles, les renouvelables peuvent être un complément énergétique rentable. C’est dans ce pari que Total vient de se lancer.

Souce : Les Echos – MICHEL KTITAREFF

PostHeaderIcon Solaire : Total envisage d’acheter les parts d’EDF dans leur filiale commune Tenesol

Total se prépare à revoir son partenariat avec EDF dans le solaire. Le pétrolier français cherche à monter dans le capital de leur filiale commune, Tenesol, afin de détenir 100 % de l’entreprise, indique-t-on de sources concordantes. Les deux groupes ont confié des mandats à des banques dans le cadre de négociations démarrées voilà quelques mois. Dans l’idéal, Total souhaiterait aboutir à un accord vers la fin de l’année.

Présent dans la production de panneaux, la conduite de projets photovoltaïques et l’exploitation de fermes solaires, Tenesol a réalisé un chiffre d’affaires de 249 millions d’euros en 2009. La société dispose de deux sites de production de panneaux, à Toulouse et au Cap en Afrique du Sud, d’une capacité totale de 170 mégawatts-crête.

Tenesol table cette année sur des revenus de 340 millions d’euros. La société exploite 500 fermes solaires en propre et emploie environ un millier de salariés dans le monde.

« Tenesol, qui a été l’un des acteurs historiques du photovoltaïque en France, est confronté à un enjeu de recomposition de son actionnariat, avec notamment la volonté affichée par EDF de se recentrer sur les activités de production d’électricité plutôt que de la fabrication industrielle », souligne le rapport de l’Inspection générale des finances sur le développement de la filière photovoltaïque publié, début septembre, par l’équipe de Jean-Michel Charpin. Poussée par Total, cette négociation sur l’actionnariat de Tenesol s’avère toutefois difficile à mener.

Des discussions ont déjà eu lieu à plusieurs reprises dans le passé sans jamais aboutir. Complexes, ces tractations font en effet intervenir plusieurs parties prenantes.

Dans les faits, Tenesol est détenu à 50-50, non pas par Total et EDF, mais par Total et EDF Energies Nouvelles Réparties, une coentreprise du groupe EDF et de sa filiale verte, EDF Energies Nouvelles.

Créé en 2008, EDF Energies Nouvelles Réparties fournit des services d’installation dans le solaire et le bois-énergie aux particuliers et aux entreprises. Cette société de 1.300 salariés a réalisé un chiffre d’affaires de 28 0millions d’euros en 2009.

Problèmes de gouvernance

Dans ce contexte, une réorganisation de l’actionnariat de Tenesol nécessite l’accord des dirigeants de Total, d’EDF ainsi que celui du fondateur d’EDF Energies Nouvelles, Pâris Mouratoglou.

Autre difficulté, Tenesol s’avère plus ou moins en concurrence avec son actionnaire EDF Energies Nouvelles Réparties. Les deux sociétés fournissent des services d’installation de panneaux photovoltaïques aux particuliers et aux PME.

Créé en 1983, Tenesol aurait pu être l’un des leaders du photovoltaïque, mais la société a souffert de problèmes de gouvernance et du manque d’enthousiasme de ses grands actionnaires. « Des groupes de la taille et de la nature de Total et EDF n’ont pas besoin de s’associer pour ce type d’activité. Les synergies sont faibles », explique un industriel du secteur. Acontrario d’autres assembleurs français de modules comme Auversun, Voltec Solar ou Fonroche, Tenesol a toutefois l’avantage d’être tourné vers l’export. Présent dans une cinquantaine de pays, via des filiales ou des distributeurs agréés, le groupe a mis en œuvre une stratégie internationale importante, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

 EMMANUEL GRASLAND                                                                                                                                      Source : Les Echos