Articles avec le tag ‘parc photovoltaïque’

PostHeaderIcon Le fabricant de cellules solaires Q-Cells, lui aussi, est au bord du gouffre

Le groupe allemand ne sera pas en mesure de rembourser en totalité une obligation de 200 millions d’euros arrivant à échéance en février

Les faillites ne sont pas l’apanage des vieilles industries comme le raffinage. Outre-Rhin, le secteur photovoltaïque vit également les heures les plus sombres de son histoire. Après le dépôt de bilan de Solon (800 salariés) en décembre, c’est au tour de Q-Cells d’être en situation critique.

Le fabricant de cellules photovoltaïques a annoncé hier qu’il allait convoquer dans les prochains jours une assemblée générale extraordinaire car ses fonds propres sont devenus négatifs. L’ancien numéro un mondial du solaire a reconnu qu’il ne pourrait rembourser que partiellement une obligation convertible de 200 millions d’euros arrivant à échéance dans un mois. Son PDG, Nedim Cen, a eu beau affirmer qu’une «  faillite n’était pas en discussion », les marchés ne croient plus guère à un redressement de l’entreprise. Le titre, qui a perdu 99 % de sa valeur en cinq ans, ne vaut plus que 41 cents. La société a perdu près de 400 millions d’euros au premier semestre.

A l’instar des autres acteurs de l’industrie photovoltaïque allemande, Q-Cells est pénalisé par la baisse des subventions aux énergies renouvelables et la montée en puissance des grands producteurs asiatiques de panneaux solaires, comme Suntech, Yingli ou LDK Solar. Le secteur paie également la très forte augmentation de ses capacités de production de panneaux (+ 60 % en 2011). Selon le norvégien REC, celles-ci excèdent désormais la demande mondiale de près de 38 % !

Pour survivre, Q-Cells entend réduire ses capacités de production de cellules de 50 % au siège de Bitterfeld-Wolfen (Saxe) et se concentrer sur son usine en Malaisie.

Créé en 1999, Q-Cells aura tout connu en Bourse. Introduite sur le marché en octobre 2005, à 15 euros l’action, la société est rapidement devenue la star allemande des énergies renouvelables, passant même le seuil des 80 euros fin 2007, avant que la crise de 2008 ne change la donne.

Signe des temps, l’allemand Munich Ré vient de lancer une assurance contre le risque de faillite des fournisseurs de panneaux, destinée aux opérateurs de parcs solaires.

Source : Les Echos

PostHeaderIcon Raccordement au réseau : La sortie du moratoire s’annonce compliquée

Dans l’électricité solaire, mettre fin au gel de quelques mois décidé par le gouvernement devant l’envolée du montant des subventions s’annonce très délicat.

Les experts Jean-Michel Charpin et Claude Trink, auxquels l’Etat avait demandé conseil, ont en effet rendu leur pré rapport hier, sans fournir de solution miracle. Ce texte d’une cinquantaine de pages ne se prononce ni sur les tarifs ni sur un objectif de production d’énergie photovoltaïque pour les années à venir. Et il évoque la nécessité de mettre en place un système transitoire entre celui qui existait et le futur cadre tarifaire…

« Il appartient au gouvernement de décider si l’intérêt de la filière en termes de valeur ajoutée, d’emplois, de bénéfices environnementaux et de perspectives stratégiques justifie les charges induites par de telles cibles de développement », affirme le document, citant les propositions des acteurs qui vont de 300 à 1.000 mégawatts (MW) par an. Les arbitrages définitifs devraient être rendus avant la fin du mois avant de permettre les consultations officielles pour une publication du décret avant le 8 mars. Techniquement, le rapport propose pour les panneaux solaires installés sur les grandes toitures de mettre en place un nouveau tarif d’achat ajusté chaque trimestre en fonction du volume de projets acceptés auparavant. Si l’objectif prévu est dépassé, le prix baisserait automatiquement.

La mission prend une position différente de l’administration sur les grandes toitures en proposant de limiter le recours aux appels d’offres aux installations de forte puissance. Elle recommande également un système de dépôt de garantie ou de caution bancaire afin de s’assurer le sérieux des projets. Surtout, le rapport suggère d’instituer un mécanisme de transition pour éviter une sortie de moratoire trop brutale. « Les projets suspendus qui devront s’insérer dans le nouveau cadre de régulation représentent un volume de 4 à 5 gigawatts », indiquent les auteurs du rapport. « Si tous les projets éliminés sont redéposés le même jour lors de la fin du moratoire, le système va exploser », explique le président du Syndicat des énergies renouvelables, André Antolini.

Pour trouver une solution, la mission propose le lancement d’appels d’offres pluriannuels dans le cas des centrales au sol afin d’offrir des possibilités de rattrapage à un maximum de ces projets.

Le cas des toitures est plus complexe. La nouvelle régulation ne va pas instaurer des quotas, mais des tarifs qui s’ajusteront chaque trimestre en fonction du rythme de développement. D’où le problème. « Si tous les projets étaient déposés à la reprise, la charge de la CSPE engendrée mettrait non seulement en danger l’équilibre économique du système, mais handicaperait également le développement futur de la filière en provoquant une baisse de tarif importante pour les trimestres suivants », explique le rapport.

Pour résoudre ce casse-tête, les auteurs du rapport évoquent la possibilité de tarifs de transition entre les anciens, particulièrement avantageux, et ceux qui seront mis en place début mars par le gouvernement. Ce qui pourrait poser des problèmes juridiques d’égalité devant la loi et nécessiterait de créer une structure spécialisée pour déterminer les projets éligibles aux tarifs de transition. De leur côté, les agriculteurs réclament une commission de rattrapage pour les projets refusés. La mission considère néanmoins que ce système de transition doit rester limité. « Il y a déjà 1.500MW de projets qui vont se réaliser parce qu’ils ont échappé au moratoire. Si on ajoute 1.000 MW de repêchage, on court un risque de nouvelle thrombose », explique un observateur.

Panneaux solaires installés sur le toit d’une coopérative agricole.

Source : Les Echos

 

PostHeaderIcon Solaire : Total envisage d’acheter les parts d’EDF dans leur filiale commune Tenesol

Total se prépare à revoir son partenariat avec EDF dans le solaire. Le pétrolier français cherche à monter dans le capital de leur filiale commune, Tenesol, afin de détenir 100 % de l’entreprise, indique-t-on de sources concordantes. Les deux groupes ont confié des mandats à des banques dans le cadre de négociations démarrées voilà quelques mois. Dans l’idéal, Total souhaiterait aboutir à un accord vers la fin de l’année.

Présent dans la production de panneaux, la conduite de projets photovoltaïques et l’exploitation de fermes solaires, Tenesol a réalisé un chiffre d’affaires de 249 millions d’euros en 2009. La société dispose de deux sites de production de panneaux, à Toulouse et au Cap en Afrique du Sud, d’une capacité totale de 170 mégawatts-crête.

Tenesol table cette année sur des revenus de 340 millions d’euros. La société exploite 500 fermes solaires en propre et emploie environ un millier de salariés dans le monde.

« Tenesol, qui a été l’un des acteurs historiques du photovoltaïque en France, est confronté à un enjeu de recomposition de son actionnariat, avec notamment la volonté affichée par EDF de se recentrer sur les activités de production d’électricité plutôt que de la fabrication industrielle », souligne le rapport de l’Inspection générale des finances sur le développement de la filière photovoltaïque publié, début septembre, par l’équipe de Jean-Michel Charpin. Poussée par Total, cette négociation sur l’actionnariat de Tenesol s’avère toutefois difficile à mener.

Des discussions ont déjà eu lieu à plusieurs reprises dans le passé sans jamais aboutir. Complexes, ces tractations font en effet intervenir plusieurs parties prenantes.

Dans les faits, Tenesol est détenu à 50-50, non pas par Total et EDF, mais par Total et EDF Energies Nouvelles Réparties, une coentreprise du groupe EDF et de sa filiale verte, EDF Energies Nouvelles.

Créé en 2008, EDF Energies Nouvelles Réparties fournit des services d’installation dans le solaire et le bois-énergie aux particuliers et aux entreprises. Cette société de 1.300 salariés a réalisé un chiffre d’affaires de 28 0millions d’euros en 2009.

Problèmes de gouvernance

Dans ce contexte, une réorganisation de l’actionnariat de Tenesol nécessite l’accord des dirigeants de Total, d’EDF ainsi que celui du fondateur d’EDF Energies Nouvelles, Pâris Mouratoglou.

Autre difficulté, Tenesol s’avère plus ou moins en concurrence avec son actionnaire EDF Energies Nouvelles Réparties. Les deux sociétés fournissent des services d’installation de panneaux photovoltaïques aux particuliers et aux PME.

Créé en 1983, Tenesol aurait pu être l’un des leaders du photovoltaïque, mais la société a souffert de problèmes de gouvernance et du manque d’enthousiasme de ses grands actionnaires. « Des groupes de la taille et de la nature de Total et EDF n’ont pas besoin de s’associer pour ce type d’activité. Les synergies sont faibles », explique un industriel du secteur. Acontrario d’autres assembleurs français de modules comme Auversun, Voltec Solar ou Fonroche, Tenesol a toutefois l’avantage d’être tourné vers l’export. Présent dans une cinquantaine de pays, via des filiales ou des distributeurs agréés, le groupe a mis en œuvre une stratégie internationale importante, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

 EMMANUEL GRASLAND                                                                                                                                      Source : Les Echos

PostHeaderIcon ENERGIE SOLAIRE, CHIFFRES CLES

L’énergie solaire reçue par la terre représente chaque année 8 380 fois la consommation énergétique de l’humanité (soit environ 11 milliards de tonnes équivalent pétrole).

Selon l’European Photovoltaic Industry Association, le parc photovoltaïque installé dans le monde, de 15 GW, a augmenté de 66% depuis 2007.