Articles avec le tag ‘Raccordement au réseau’

PostHeaderIcon SolarWorld exige des standards de qualité élevés homogènes pour la production de panneaux

Le groupe observe avec inquiétude les risques croissants en termes de sécurité dus aux importations à bas coûts

 Les rapports concernant des défauts de qualité et des risques pour la sécurité au niveau des panneaux bon marché font redouter au leader européen de la fabrication de panneaux solaires que l’image de la branche tout entière ne soit entachée. C’est pourquoi SolarWorld AG profite de l’Intersolar pour exiger l’introduction de standards de qualité et de sécurité homogènes pour l’ensemble des fabricants de panneaux. Des informations négatives ont mis à mal les efforts considérables et les investissements colossaux effectués par les fabricants européens au cours des dernières décennies afin de garantir une qualité de produit élevée.

Un article du New York Times daté du 28 mai 2013 a soulevé le problème de l’augmentation du taux d’erreur et des défauts dans le domaine des panneaux solaires. La qualité des fabricants chinois est particulièrement sous le feu des critiques : en raison de la forte dégradation des prix dont ils sont à l’origine par le biais d’un dumping illicite, ils se trouvent à présent eux-mêmes sous une pression financière qui les oblige à faire des économies sur la qualité.  

« La qualité n’est pas le résultat d’une course effrénée au profit mais d’une réflexion rigoureuse », constate Dr.-Ing. E. h. Frank Asbeck, président du directoire de SolarWorld AG, en référence à une citation du Philosophe John Ruskin. « Nous ne voulons assister sans réagir au fait que des fabricants sans expérience réduisent à néant l’image d’une technologie d’avenir, construite ici en Europe par la force d’un savoir-faire d’excellence et d’une expérience de plusieurs décennies, en mettant actuellement sur le marché des produits de qualité médiocre. Ceci ne saurait être dans l’intérêt du secteur international de l’énergie solaire. »

Selon le New York Times, des inspecteurs ayant contrôlé des sociétés chinoises au cours des 18 derniers mois pour le compte de planificateurs et d’investisseurs constatent la multiplication de l’utilisation de composants bon marché non certifiés, même par des fabricants de panneaux renommés. D’autres fabricants de marque suppriment entièrement leurs propres chaînes de production et affectent leurs commandes à des fabricants marginaux.

Sur 215 000 panneaux testés par des organismes d’essai indépendants, le taux d’erreur est passé de 2011 à 2012 de 7,8 à 13 pourcent. Dans un cas, c’est même le lot entier d’un fabricant chinois coté à la bourse de New York qui était défectueux.

 

« Une mauvaise qualité et un mauvais traitement sont particulièrement critiques pour les installations solaires car, lors de leur achat, le client espère produire de l’électricité pendant 25 ans sans problèmes », explique Gerhard Kleiss, Global Head of Product Engineering and Quality chez SolarWorld AG. « De surcroît, la sécurité technique est un critère spécialement important pour les propriétaires en plus d’une rentabilité fiable. Nous n’avons jamais eu à rappeler nos panneaux. Et ce n’est pas pour rien : c’est le fruit de contrôles de qualité stricts, d’une expérience accumulée au fil des années et d’une recherche intensive. »

 

 

PostHeaderIcon AUTOCONSOMMATION PHOTOVOLTAÎQUE

L’autoconsommation photovoltaïque est la possibilité de répondre à sa propre consommation électrique grâce à son installation solaire plutôt que de revendre l’intégralité de sa production sur le réseau.

Une façon de produire le courant au plus près du consommateur qui nécessite un bon dimensionnement du système de production et de ses plages journalières de fonctionnement en lien avec ses besoins.

A l’heure actuelle, les propriétaires d’installations photovoltaïques revendent la totalité de leur production à EDF, suivant un tarif prédéfini. « L’autoconsommation n’est pas encore rentable et ne va pas de soi« , estime Bruno Lechevin, le nouveau président de l’Ademe. « Mais, avec la baisse des prix de rachat, le modèle économique va se mettre en place« .

Le responsable de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie pense qu’un bonus incitatif à cette autoconsommation serait la meilleure solution, notamment pour les départements d’outre-mer : « Une solution gagnante, à la fois pour le producteur, pour le gestionnaire du réseau, et pour les collectivités !« .

Source : BATIACTU

 

 

PostHeaderIcon Photovoltaïque : la Chine et l’Europe entrent en guerre… commerciale

Après l’attaque de Bruxelles de taxer le photovoltaïque chinois d’environ 47%, la Chine contre-attaque et met en garde l’Union européenne contre le protectionnisme. « De telles mesures pourraient se retourner contre les intérêts économiques de l’Europe » et engendré une « guerre commerciale », a même menacé Chine Nouvelle, l’agence chinoise officielle.

L’UE l’avait annoncé, elle l’a fait. Mercredi 8 mai, la Commission a décidé de prendre de lourdes sanctions antidumping sur les panneaux solaires en provenance de Chine. Ainsi, une série de taxes douanières, d’une moyenne de 47%, sera appliquée sur les achats de matériels solaires chinois. Elles sont destinées à lutter contre des pratiques de distorsion de la concurrence dont bénéficieraient les producteurs asiatiques, soutenus par des subventions cachées illégitimes leur permettant de pratiquer un dumping des prix

Si ces taxes sont provisoires – en attendant la décision du 6 juin prochain qui mettra un point final à l’enquête lancée il y a un an contre les producteurs chinois – elles ont le mérite de piquer là où ça fait mal, l’industrie photovoltaïque étant l’un des fleurons technologique de l’Empire du Milieu. Frapper fort sur un secteur stratégique pour l’Europe, tel est le défi qu’a donc lancé le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, qui est apparemment partisan d’une approche musclée avec la Chine, indique le quotidien Les Echos, dans son édition de vendredi 10 mai. Et un avocat de Bruxelles de souligner dans les colonnes du journal : « Il a compris que de simples discussions ne menaient à rien. Désormais, il préfère lancer des enquêtes ou imposer des taxes provisoires pour imposer un rapport de force« .

La Chine contre-attaque

Dès le jeudi 9 mai, Pékin a réagi et appelé l’UE à « éviter de s’engager dans une politique protectionniste« , selon les mots du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par l’AFP. Si ce dernier parle de « coopération constructive« , de « dialogue » ou encore de « coopération gagnant-gagnant« , en revanche, la colère est plus perceptible du côté « officiel« . En effet, l’agence Chine Nouvelle a employé un ton plus virulent : « L’idée que la Chine ne va rien faire et accepter les taxes est irréaliste. La Chine ripostera vraisemblablement à moins que les deux parties ne se mettent à table et examinent le meilleur moyen d’éviter une guerre commerciale« . Le ton est donné…

En Europe, les réactions sont mitigées. Paris soutient cette décision, tandis que Berlin émet des réserves. Ainsi, Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, parle d’une « procédure qui [me] paraît parfaitement légitime et normale« , alors que son homologue allemand, Peter Altmaier, explique qu' »il faut séparer la procédure judiciaire qui aboutira, dans un sens ou dans l’autre […], et la deuxième chose qui est que nous cherchons évidemment une solution politique avec la Chine« . Car, rappelons-le, la Chine est un marché stratégique pour l’Allemagne.

Hausses de prix en vue ?
La filière française du solaire estime, pour sa part, que la procédure de l’UE est une bonne chose, elle qui a perdu 15.000 emplois en deux ans, notamment à cause de la concurrence chinoise. « Mais attention, prévient Thierry Mueth, président d’Enerplan, dans les colonnes des Echos, cette taxation ne sera pas suffisante (…) La filière a besoin d’appels d’offres réguliers afin que les volumes soient suffisants pour inciter aux investissements industriels et permettre de les amortir« . Et de parler d’une « mesure nécessaire« , mais pas « suffisante« . A ceux qui s’opposent à ces taxes à venir – regroupés au sein de l’Afase (Alliance pour l’énergie solaire abordable) qui voient là une augmentation des prix qui mettrait fin à certains projets photovoltaïques et provoquerait des destructions d’emplois – Thierry Mueth répond : « On peut toujours souhaiter bénéficier du produit le moins cher du monde… Mais certaines choses ont un prix (…) Il y a toujours un juste prix à payer« . 

LA CHINE

PostHeaderIcon Solaire : Berlin taille dans les tarifs garantis

A partir du 1 er  avril, les tarifs de rachat d’électricité aux producteurs seront réduits de 30 % à 20 % et seront revus chaque mois.

Les ministres allemands de l’Economie et de l’Environnement, qui s’opposent depuis des mois sur le dossier, sont enfin arrivés à un compromis sur la réduction des tarifs garantis à l’électricité solaire. Philipp Rösler (libéral) et Norbert Röttgen (CDU) ne présentent leur nouveau plan qu’aujourd’hui, mais l’essentiel a déjà filtré hier dans la presse allemande.

D’après le site du quotidien « Handelsblatt », la réduction de 15 % qui devait intervenir au 1er juillet est non seulement avancée au 1er avril, mais aussi plus importante que prévu. Elle devrait se monter à 30 % pour les installations les plus grandes, à 25 % pour les installations moyennes et à 20 % pour les particuliers, qui sont ainsi relativement épargnés. Qui plus est, les tarifs garantis ne bénéficieront plus à la totalité de l’électricité produite, mais seulement à 90 %, voire moins encore pour les particuliers. A partir d’avril, les tarifs garantis seront revus chaque mois et non plus tous les semestres.

Ces mesures répondent à la polémique née l’an dernier outre-Rhin sur les subventions au solaire, qui sont répercutées par les distributeurs, au final, sur la facture des consommateurs. Les opérateurs de réseaux se plaignent en outre de la volatilité de cette électricité, qui déstabilise les réseaux.

L’Allemagne est le premier marché mondial. Rien qu’en décembre 2011, près de 3.000 mégawatts ont été installés. Le solaire a toutefois apporté une précieuse contribution au bouquet énergétique lors de la vague de froid de début février, quand le pays a pu exporter du courant versla France, malgré l’extinction de huit réacteurs nucléaires l’an dernier.

L’industrie du solaire proteste contre les nouvelles mesures et ses représentants ont annoncé des manifestations dans plusieurs villes aujourd’hui.

Source : Les Echos

PostHeaderIcon Solaire : l’Etat veut favoriser le made in France

Le gouvernement décline le thème du made in France dans le solaire. A l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy à l’usine Photowatt de Bourgoin-Jallieu, l’exécutif a annoncé son intention de créer un nouveau tarif de rachat de l’électricité solaire, afin de favoriser la constitution d’une filière nationale. « Il va y avoir un tarif plus élevé, d’au moins 10 %, quand l’électricité sera produite à partir de panneaux fabriqués en France, c’est-à-dire à partir de 60 % de valeur ajoutée produite en France », a indiqué à l’AFP la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. « C’est le dernier maillon d’un dispositif qui se met en place, pour produire de l’électricité renouvelable mais en créant des emplois en France », a-t-elle souligné. Le gouvernement souhaite publier un arrêté en avril.

En réalité, ce tarif pourrait viser les composants fabriqués non pas en France, mais en Europe, comme le fait l’Italie. Depuis mai 2011, Rome majore de 10 % le tarif d’achat de l’électricité quand au moins 60 % des installations sont certifiées d’origine européenne.

Interrogations juridiques :

En France, le gouvernement n’a pas encore décidé si les conditions d’origine s’appliqueront aux panneaux ou à tous les composants (panneaux, onduleurs…). « Si c’est sur le système, ce ne sera pas très contraignant », estime Thierry Mueth, le président de l’association de professionnels du solaire Enerplan. Le gouvernement tente ainsi de limiter les importations massives de panneaux solaires chinois. Aujourd’hui, leurs prix sont inférieurs de 10 à 20 % à ceux des panneaux européens, selon les professionnels. Le dispositif devrait satisfaire les assembleurs de modules. Lors des états généraux du solaire, à l’automne, la filière avait demandé l’instauration de certificats d’origine. Elle avait aussi évoqué la mise en place d’un système de bonification des tarifs. Une idée reprise par des députés PS.

Le projet va cependant susciter fatalement des interrogations juridiques de la part des autorités de la concurrence. « Certains critiqueront en se demandant si c’est conforme aux règles européennes. Moi, j’observe que le tarif italien n’a pas été attaqué, donc on ne va pas se priver de donner un coup de pouce à l’industrie française », a répliqué Nathalie Kosciusko-Morizet.

Source : Les Echos

PostHeaderIcon Berlin veut revoir les aides publiques à l’énergie solaire

Solar Millenium, l’un des industriels allemands de l’énergie solaire thermique, en dépôt de bilan depuis la fin décembre, a annoncé hier la cession de ses activités aux Etats-Unis à un de ses compatriotes, Solarhybrid. Les projets concernés totalisent une capacité de 2,25 gigawatts.

La transaction illustre la recomposition majeure de l’industrie du solaire allemande, qui, après des années euphoriques, souffre cruellement de la féroce concurrence des spécialistes chinois comme Yingli ou Suntech et de la chute rapide des prix qui en résulte sur le marché mondial. Et ce n’est qu’un début.

Le débat politique fait rage, outre-Rhin, sur la manière dont le solaire a été subventionné jusqu’ici, nombre de responsables politiques estimant qu’il est temps de raboter les mécanismes qui ont permis à l’Allemagne de devenir, malgré sa latitude et son climat défavorable, le premier marché mondial du solaire…

Diminuer les tarifs garantis :

La loi sur les renouvelables (EEG) oblige les groupes énergétiques à acheter à des tarifs garantis, et ce sur une longue période, l’électricité solaire produite par le million de particuliers équipés de panneaux solaires. Ce système avantageux a conduit à l’installation de quelque 14.000 mégawatts de capacités au cours des deux dernières années, dont 3.000 méga-watts au cours du seul mois de décembre dernier.

Or le surcoût occasionné par les tarifs garantis est répercuté sur la facture des particuliers et des PME. On parle de 6 à 7 milliards d’euros par an, alors que le solaire ne représente que 3,2 % de la production d’électricité en Allemagne.

Pour beaucoup de politiques, le dispositif ne fait plus de sens économique. C’est pourquoi le ministre de l’Economie, le libéral Philipp Rösler, milite pour plafonner les nouvelles installations à 1.000 mégawatts par an, via une diminution drastique et rapide des tarifs garantis. Il souhaite limiter les capacités à 33 giga-watts d’ici à 2020, contre 24 à l’heure actuelle. Il a derrière lui les partisans de l’énergie éolienne, pour qui le solaire est une source d’énergie beaucoup plus volatile que l’éolien offshore, par exemple, et déstabilise les réseaux.

Le ministre de l’Environnement, Norbert Röttgen, plus prudent, souhaite, lui, abaisser les tarifs de manière plus progressive et à un rythme mensuel, et non plus semestriel. Des initiatives trop modestes, selon ses opposants. Le gouvernement devrait rendre son arbitrage au printemps.

Source : Les Echos

PostHeaderIcon Solaire : l’allemand Q-Cells repris par ses créanciers

Si Q-Cells évite pour l’instant la faillite, ses actionnaires n’échappent pas au désastre. Incapable de rembourser une obligation de 200 millions d’euros arrivant à échéance en février, le fabricant allemand de cellules solaires a trouvé hier un accord avec ses créanciers. Ceux-ci vont prendre le contrôle d’au moins 95 % des actions du groupe, en échange de l’abandon d’une grande partie de leur mise initiale.

Trois obligations d’un montant total de 580 millions d’euros sont concernées par cet accord. Q-Cells va tout d’abord rembourser 20 millions d’euros aux détenteurs de l’obligation arrivant à échéance en février. Le groupe allemand espère ensuite lever quelque 200 millions «  dans les prochaines années  » grâce à des ventes d’actifs périphériques pour rembourser ses créanciers. Q-Cells va convoquer une assemblée générale extraordinaire pour avaliser ce plan de désendettement.

Ce sauvetage va permettre de gagner du temps et évitera tout risque de faillite en 2012, estiment les analystes. L’annonce a fait bondir de près de 40 % le cours du groupe. Mais cela ne suffira pas à compenser l’effondrement d’un titre qui a chuté de 99 % en cinq ans.

Concurrence asiatique

Les raisons du déclin restent également intactes. A l’instar des autres acteurs de l’industrie photovoltaïque allemande, Q-Cells est pénalisé par la baisse des subventions aux énergies vertes et la montée en puissance des fabricants asiatiques de panneaux solaires. Fin janvier, le groupe avait annoncé que ses fonds propres étaient devenus négatifs.

Fondé en 1999 et installé dans une zone industrielle de l’ex-RDA, Q-Cells aura tout connu en Bourse. Introduite sur le marché en octobre 2005, à 15 euros l’action, la société était rapidement devenue la star allemande des énergies renouvelables, passant même le seuil des 80 euros fin 2007, avant que la crise de 2008 ne marque le début de ses revers.

Source : Les Echos

 

PostHeaderIcon Le fabricant de cellules solaires Q-Cells, lui aussi, est au bord du gouffre

Le groupe allemand ne sera pas en mesure de rembourser en totalité une obligation de 200 millions d’euros arrivant à échéance en février

Les faillites ne sont pas l’apanage des vieilles industries comme le raffinage. Outre-Rhin, le secteur photovoltaïque vit également les heures les plus sombres de son histoire. Après le dépôt de bilan de Solon (800 salariés) en décembre, c’est au tour de Q-Cells d’être en situation critique.

Le fabricant de cellules photovoltaïques a annoncé hier qu’il allait convoquer dans les prochains jours une assemblée générale extraordinaire car ses fonds propres sont devenus négatifs. L’ancien numéro un mondial du solaire a reconnu qu’il ne pourrait rembourser que partiellement une obligation convertible de 200 millions d’euros arrivant à échéance dans un mois. Son PDG, Nedim Cen, a eu beau affirmer qu’une «  faillite n’était pas en discussion », les marchés ne croient plus guère à un redressement de l’entreprise. Le titre, qui a perdu 99 % de sa valeur en cinq ans, ne vaut plus que 41 cents. La société a perdu près de 400 millions d’euros au premier semestre.

A l’instar des autres acteurs de l’industrie photovoltaïque allemande, Q-Cells est pénalisé par la baisse des subventions aux énergies renouvelables et la montée en puissance des grands producteurs asiatiques de panneaux solaires, comme Suntech, Yingli ou LDK Solar. Le secteur paie également la très forte augmentation de ses capacités de production de panneaux (+ 60 % en 2011). Selon le norvégien REC, celles-ci excèdent désormais la demande mondiale de près de 38 % !

Pour survivre, Q-Cells entend réduire ses capacités de production de cellules de 50 % au siège de Bitterfeld-Wolfen (Saxe) et se concentrer sur son usine en Malaisie.

Créé en 1999, Q-Cells aura tout connu en Bourse. Introduite sur le marché en octobre 2005, à 15 euros l’action, la société est rapidement devenue la star allemande des énergies renouvelables, passant même le seuil des 80 euros fin 2007, avant que la crise de 2008 ne change la donne.

Signe des temps, l’allemand Munich Ré vient de lancer une assurance contre le risque de faillite des fournisseurs de panneaux, destinée aux opérateurs de parcs solaires.

Source : Les Echos

PostHeaderIcon L’EUROPE FACE AU GONFLEMENT DE LA BULLE PHOTOVOLTAÎQUE

La filière solaire a pris des allures de « patate chaude » pour les gouvernements européens. Effrayés par la croissance très rapide des installations, l’Espagne, la France, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne sont en train de revoir brutalement leur politique de soutien au photovoltaïque, après avoir pourtant tout mis en œuvre pour assurer son essor.

D’ici au 8 mars, l’Etat français va publier un décret instaurant un nouveau cadre de régulation pour la filière. Celui-ci va imposer des appels d’offres pour les fermes au sol et les grandes toitures, a indiqué mardi le gouvernement, et une baisse de 20 % des tarifs d’achat de l’électricité solaire. Ce sera la troisième baisse depuis janvier 2010, alors même que l’ancien ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, avait promis aux professionnels une stabilité des tarifs entre 2010 et 2012. Voilà deux semaines, Londres a aussi annoncé une remise à plat de son système. Le pays s’inquiète de la multiplication des installations de très grande taille au moment même où la Grande-Bretagne s’impose une cure d’austérité budgétaire.

En Espagne, la remise en cause est encore plus violente. Fin janvier,  Madrid a décidé de réduire le nombre d’heures de fonctionnement des installations solaires de 30 % pendant deux ans. Une mesure rétro active jugée « inacceptable » par Bruxelles et qui a déclenché la colère des professionnels et des investisseurs. Voilà trois ans, l’Espagne avait déjà pris des mesures radicales en la matière. Madrid avait limité l’installation de panneaux à un quota de 500 mégawatts par an, afin de limiter la croissance vertigineuse du nombre de parcs.

En Europe centrale, les aides au photovoltaïque subissent aussi un violent coup de frein. A l’automne, la République tchèque a créé un nouvel impôt d’un montant de 26 %, qui va frapper les parcs de plus de 30 kilo watts pendant les trois ans à venir. Cette mesure rétroactive viole clairement les conditions garanties aux entrepreneurs, mais elle permet de limiter la hausse des tarifs de l’électricité à 5,5% en 2011 selon le gouvernement.

Le système est-il plus stable dans les pays les plus avancés ? Pas vraiment…Fin janvier, l’Allemagne a décidé d’avancer de six mois la date des prochaines baisses des tarifs. Ceux-ci pourraient diminuer de 3 % à 15%au1er juillet selon la croissance du secteur. Le pays a beau constituer le plus grand marché de la planète, avec plus de la moitié des capacités installées, la surchauffe y dépasse toutes les prévisions. L’an dernier, le nombre d’installations a encore doublé pour atteindre plus de 8 gigawatts ! Quels que soient les pays, rien n’y fait. A la différence de l’éolien ou de la biomasse, le solaire reste une filière difficile à gérer. Quelles sont les raisons de cette spécificité ?

Le photovoltaïque est tout d’abord une filière onéreuse. En France, le tarif de rachat varie de 276 euros par méga wattheure pour les parcs au sol à 580 euros par méga wattheure pour les installations situées sur les toits des particuliers. En comparaison, l’hydroélectricité coûte environ 60 euros le méga wattheure, l’éolien terrestre 70 euros et la biomasse 110 euros.

Surtout, l’écart entre les tarifs d’achat de l’électricité solaire imposés à EDF et les prix de marché de l’électricité (50,50euros par méga wattheure pour une livraison en mars 2011) est énorme. Or cet écart est financé par les consommateurs d’électricité via la contribution au service public de l’électricité (CSPE). Avant l’instauration d’un moratoire, début décembre, la Commission de régulation de l’énergie avait évalué le coût du photovoltaïque dans la CSPE à 1milliard d’euros en 2011. Cette contribution aurait nécessité une hausse de la facture des consommateurs de 2 à 3% selon le régulateur.

Deuxième difficulté, le photovoltaïque est une filière à évolution très rapide. Selon le syndicat des énergies renouvelables, le coût du kilowattheure photovoltaïque a baissé en moyenne de 7% par an depuis 1980. Avec le développement du marché mondial, cette baisse s’est accélérée pour atteindre des niveaux allant jusqu’à -20% en 2009. A l’avenir, le phénomène va encore prendre de l’ampleur avec la montée en puissance d’acteurs chinois comme Suntech ou Yingli et l’arrivée des géants coréens ou taïwanais tels que Samsung ou TSMC. D’ici à 2015, le prix des systèmes photovoltaïques devrait encore chuter de 40%, pronostique déjà l’Association des industriels européen du secteur (Epia). Ce qui pourrait permettre d’atteindre d’ici à cinq ans un coût de production similaire à celui de l’électricité conventionnelle dans le sud de l’Europe.

Troisième difficulté, le photovoltaïque est une filière compliquée, qui regroupe les installations au sol, les panneaux sur grandes toitures et ceux chez les particuliers. En France, on a encore complexifié le système en introduisant le concept des installations intégrées au bâti, et non pas posées sur le toit. Les technologies utilisées varient d’un segment à l’autre. Les performances aussi. Du coup,  les gouvernements tâtonnent pour trouver les outils adaptés à chaque famille. En France, l’Etat a commencé par mettre en place des tarifs d’achat nationaux pour les centrales au sol, avant de les régionaliser, puis de se rallier à un système à base d’appels d’offres. Les tarifs d’achat, eux, ne permettent pas de contrôler les volumes mais ils s’avèrent incontournables  pour traiter les milliers de dossiers liés aux petites installations.

Dernière difficulté, la dépendance de la filière vis-à-vis des importations. En France, le déficit de la balance commerciale a été multiplié par quatre en dix ans dans ce secteur pour atteindre 1,5 milliard d’euros en 2010. Selon les statistiques des douanes, les importations chinoises représentent 25 % du total. Dans l’Hexagone, la filière industrielle est en train de se construire, mais les deux tiers des emplois se situent encore en aval, dans l’installation ou de l’ingénierie. De quoi susciter des débats au sein de l’Etat sur l’ampleur des aides à accorder.

Source : Les Echos

PostHeaderIcon Raccordement au réseau : La sortie du moratoire s’annonce compliquée

Dans l’électricité solaire, mettre fin au gel de quelques mois décidé par le gouvernement devant l’envolée du montant des subventions s’annonce très délicat.

Les experts Jean-Michel Charpin et Claude Trink, auxquels l’Etat avait demandé conseil, ont en effet rendu leur pré rapport hier, sans fournir de solution miracle. Ce texte d’une cinquantaine de pages ne se prononce ni sur les tarifs ni sur un objectif de production d’énergie photovoltaïque pour les années à venir. Et il évoque la nécessité de mettre en place un système transitoire entre celui qui existait et le futur cadre tarifaire…

« Il appartient au gouvernement de décider si l’intérêt de la filière en termes de valeur ajoutée, d’emplois, de bénéfices environnementaux et de perspectives stratégiques justifie les charges induites par de telles cibles de développement », affirme le document, citant les propositions des acteurs qui vont de 300 à 1.000 mégawatts (MW) par an. Les arbitrages définitifs devraient être rendus avant la fin du mois avant de permettre les consultations officielles pour une publication du décret avant le 8 mars. Techniquement, le rapport propose pour les panneaux solaires installés sur les grandes toitures de mettre en place un nouveau tarif d’achat ajusté chaque trimestre en fonction du volume de projets acceptés auparavant. Si l’objectif prévu est dépassé, le prix baisserait automatiquement.

La mission prend une position différente de l’administration sur les grandes toitures en proposant de limiter le recours aux appels d’offres aux installations de forte puissance. Elle recommande également un système de dépôt de garantie ou de caution bancaire afin de s’assurer le sérieux des projets. Surtout, le rapport suggère d’instituer un mécanisme de transition pour éviter une sortie de moratoire trop brutale. « Les projets suspendus qui devront s’insérer dans le nouveau cadre de régulation représentent un volume de 4 à 5 gigawatts », indiquent les auteurs du rapport. « Si tous les projets éliminés sont redéposés le même jour lors de la fin du moratoire, le système va exploser », explique le président du Syndicat des énergies renouvelables, André Antolini.

Pour trouver une solution, la mission propose le lancement d’appels d’offres pluriannuels dans le cas des centrales au sol afin d’offrir des possibilités de rattrapage à un maximum de ces projets.

Le cas des toitures est plus complexe. La nouvelle régulation ne va pas instaurer des quotas, mais des tarifs qui s’ajusteront chaque trimestre en fonction du rythme de développement. D’où le problème. « Si tous les projets étaient déposés à la reprise, la charge de la CSPE engendrée mettrait non seulement en danger l’équilibre économique du système, mais handicaperait également le développement futur de la filière en provoquant une baisse de tarif importante pour les trimestres suivants », explique le rapport.

Pour résoudre ce casse-tête, les auteurs du rapport évoquent la possibilité de tarifs de transition entre les anciens, particulièrement avantageux, et ceux qui seront mis en place début mars par le gouvernement. Ce qui pourrait poser des problèmes juridiques d’égalité devant la loi et nécessiterait de créer une structure spécialisée pour déterminer les projets éligibles aux tarifs de transition. De leur côté, les agriculteurs réclament une commission de rattrapage pour les projets refusés. La mission considère néanmoins que ce système de transition doit rester limité. « Il y a déjà 1.500MW de projets qui vont se réaliser parce qu’ils ont échappé au moratoire. Si on ajoute 1.000 MW de repêchage, on court un risque de nouvelle thrombose », explique un observateur.

Panneaux solaires installés sur le toit d’une coopérative agricole.

Source : Les Echos